Journal (78)

On l’accuserait volontiers de mièvrerie, voire de stupidité, Rose. Rose Einhorn qui se love dans la gentillesse, salue les fleurs, les oiseaux, les insectes, les gâteaux, les robes délicates, les chaussures ciselées, Rose bave ses attentions sirupeuses sur tout ce qui l’entoure, bien seule en définitive, réjouie toujours, émerveillée et merveilleuse. Rose ne se rassure pas en soutenant que, non, l’humain n’est pas universellement mauvais, parce qu’une seule personne gentille suffit, qu’un seul cas, même passager, de bienveillance brise la prétention totalitaire de l’hypothèse de la rosserie générale. Rose s’en fout de ces discours, vraiment, sans convoquer un sermon, construction de l’esprit, pour désavouer tout recours aux constructions de l’esprit. Rose se blottit dans sa cachette, dans les recoins de ce texte. Elle disparaîtra, comme tout un chacun, avant cela cependant, on ne la blessera pas.