Traits tirés

Traits tirés à la blessure d’une plume, un jet de noir exorcise les éclairs du marketing qui enkyste nos enfances, d’une pâleur d’insomnie sourd un encre souvent antipathique ; traits tirés, animent les esprits jaillis du papier.

 

Flèches sinistrent les aspects, suspectes toujours d’assouplir notre élan, de nous liquéfier dans la torpeur.

Un angelot gras, bouille couperosée, irradie la lubricité, contriste nos habitudes vagabondes, foudroyons-le !, ce cupide rejeton d’une cocotte et d’un meurtrier.

Crocheté par son hameçon, notre zèle habilement déverrouillé s’asservit au velours de la trêve, de la nécessaire coopération, d’une armistice des orgueils, ouf, le souffle de cette rémission torride, pourchassée comme un dû, choyée pour sa rareté.

 

Le harnais sillonne le cuir, emprunte aux logocraties leurs motifs, imprègne l’habitus, empreint peut-être jusqu’à l’ADN, nos bâts soutiennent les civilisations de la pyramide qui nous sous-tendent dans leur étreinte, oh, si serrée.

On songeait autrefois, naguère oui, à ces esclaves mécaniques qui nous émanciperaient, l’avons-nous assez réclamé ? La technologie nous remodèle, projetée vers la fixation du bouleversement vital dans la standardisation, homme-produit, déjà ressource, bientôt manufacturé, fonctionnel ou obsolète, seule alternative, fonctionnel ou obsolète, la biosphère désormais toxique à son espèce, fonctionnel ou obsolète, larve ladre chrysalidée sans sortie, fragile poupée atone qui bigle de soucoupes opaques l’exubérance, dehors, quelque part aux confins des écrans, où fleurit le délétère l’hostile.