La fin du monde, évitée de justesse

Il faut qu’il bouge, qu’il se lève, qu’il prenne un peu d’argent, qu’il ouvre la porte, qu’il descende les escaliers, oui, qu’il descende les escaliers, putains d’escaliers. Il faut qu’il y aille, bientôt le magasin fermera, et il n’y aura toujours que ce fond, ce misérable fond dans la bouteille. Merde ! Il faut qu’il bouge, « Allez, bouge-toi gros con » qu’il grommelle, et il regarde la bouteille. Que se passera-t-il s’il ne bouge pas ? Le magasin sera fermé, la bouteille sera vide, que fera-t-il ?

Il se lève, il y va, descend précautionneusement les escaliers, putains d’escaliers.