16 septembre 2018, troisième entrée

Ou notre domaine ne végéterait-il pas, expérience délaissée par un laborantin peu studieux qui dériverait selon quelques consignes incomplètes, et s’effriterait inexorablement de par sa carence en viabilité ? À moins que le cauchemar dépressif d’un démiurge ne nous condamne, tous, à ramper dans le désert d’un purgatoire sans issue. Le ciel, ce ciel bleu, m’affirme autre chose. Il clame la résurgence des courses et des cris, des veines qui palpitent à en péter, des bains dans une onde claire, des rires qui déforment joyeusement les tympans, il appelle aux fumets de toutes les bonnes nourritures, aux explosions des bonnes boissons, à la gaieté des papilles qui folledinguent des messages de joie, il invite aux étreintes légères, à la pétillance de la camaraderie, à l’efflorescence des plaisanteries, à l’extravagance de la fantaisie. Et ce ciel, tellement bleu, promet déjà d’autres cieux, le silencieux et calme de la nuit, l’hésitant du lever du jour, indécis comme l’œil d’un nourrisson, celui des fins d’après-midi, où circule l’air vivifiant de la libération, et tant d’autres, et tant d’autres.