16 septembre 2018, deuxième entrée

Le vertige pose ses mains sur mes épaules, du haut de ma chaise, j’aspire à me jeter dans ce ciel, encore plus bleu, sauter d’un bond vers les hauteurs et me noyer dans leur vacance. Ma place, mon endroit, ce foyer comme je voudrais qu’il le soit, sur quel secret se fonde-t-il ? Les tempêtes le parcourent, les inondations l’engloutissent, le sol y tremble et s’y ouvre sur des profondeurs mortelles, le vent y arrache dédaigneusement tout ce sur quoi il souffle, les roseaux comme les chênes, la foudre y transperce et tranche le moindre obstacle à son déferlement, la poussière suffoque, le feu réduit à rien, la lave brûle et pétrifie ses victimes, comme un avertissement ironique, ou la marque malicieuse d’un créateur fou de destruction. Berné par l’illusion de sa grandeur, le grand géomètre, s’interrogeant sur son origine, n’aurait-il pas été happé par l’énormité de son ignorance et, enragé de frustration, n’aurait-il pas débridé toute sa fureur ? Pour se venger de son confinement en ce territoire où règne sa puissance, sa puissance qui ne règne qu’en ce seul territoire.