12 septembre 2018

Tandis que je fourmille de paresthésie, tandis que mes poumons craquent, trop de cigarettes, trop de vapeurs de colle dans mon emploi, tandis que je me démange, pourtant, jamais je ne questionne la cohésion de mon incarnation. Sans doute, la soudure de mon assemblage disparate fluctue-t-elle avec les ans, sans doute sa structure ne la condamne-t-elle qu’à la fragmentation, cet ensemble mouvant d’éléments bâtards, toutefois, cahin-caha, dure, un peu, et inscrit une infinitésimale marque sur la matière qui lui offre quelques modestes perspectives. Mes organes forment un moi, et délibèrent entre eux pour m’agiter vers une vague destination, ces organes peut-être mus par une sorte de souffle qui se confondrait avec la vie, à moins qu’il ne s’agisse que d’une chimie, simples réactions dans une matrice exempte de signification, ou encore que je ne sache même concevoir une explication approchant les détails de ma situation.