10 septembre 2018

Avec ce corps, je compose, alors que la fatigue rompt sa coordination, le ratatine, alourdit chacun de ses gestes, que sa précision s’étiole, lorsque je l’étire à ses limites, lorsque je l’assaille de fièvres inquiètes, de ruminations cerclées de honte, et qu’en retour il sape ma capacité à me regrouper et à m’ouvrir, qu’il m’astreint à mes idiosyncrasies mesquines. Notre communication, habituellement heurtée, revêt alors des airs de guerre, un conflit qui se déroule entre moi et moi, ces deux patchworks à l’intégrité problématique, dont quelque chose d’inestimable disparaît à chacune des défaites de l’autre.